IARU - 2026

IARU 2026 : LA RADIO EUROPÉENNE VA-T-ELLE CHANGER ?

Dernière mise à jour le 6 septembre 2026

Conférence IARU 2026 : ce qui pourrait changer après Vienne

Du 19 au 23 septembre 2026, les représentants des associations membres de l’IARU Région 1 se réuniront à Vienne, en Autriche. Cette conférence générale triennale pourrait faire évoluer plusieurs recommandations concernant les pratiques radioamateurs en Europe, notamment les plans de bandes, les procédures de trafic, les concours ou encore la lutte contre les brouillages.

Les documents préparatoires sont désormais accessibles. Ils sont répartis entre plusieurs commissions spécialisées : administration et organisation, bandes HF, fréquences VHF/UHF/SHF, compatibilité électromagnétique et jeunesse. Des amendements et de nouveaux textes peuvent encore être ajoutés avant ou pendant la conférence.
L’IARU Région 1 le précise sur le site officiel de la conférence.

À ce stade, aucun changement présenté dans ces documents ne doit être considéré comme définitivement adopté. Il s’agit de propositions soumises par les associations membres, les groupes de travail et les différentes instances de l’IARU Région 1. Elles seront examinées, discutées, éventuellement modifiées, puis soumises au vote des délégations présentes à Vienne. Certaines pourront être adoptées telles quelles, d’autres amendées, reportées ou rejetées. Cette prudence est essentielle : une proposition déposée avant la conférence ne constitue ni une décision définitive ni une nouvelle réglementation applicable aux radioamateurs français.

Les commissions HF et VHF/UHF/SHF sont traditionnellement parmi les plus suivies. Leurs travaux peuvent conduire à une modification des plans de bandes recommandés par l’IARU Région 1. Ces plans organisent les usages à l’intérieur des bandes attribuées au service amateur. Ils peuvent notamment préciser les segments conseillés pour :

  • la télégraphie et la phonie ;
  • les communications numériques ;
  • les liaisons par satellites ;
  • les balises ;
  • les répéteurs ;
  • les communications à faible puissance ;
  • les concours et activités expérimentales ;
  • les appels d’urgence et les communications de secours.

Une modification peut donc avoir des conséquences très concrètes. Une fréquence jusque-là couramment utilisée pour un mode particulier pourrait, par exemple, être recommandée en priorité pour une autre activité. Il ne s’agirait pas nécessairement d’une interdiction, mais d’une nouvelle organisation destinée à limiter les conflits entre utilisateurs.

L’évolution rapide des modes numériques constitue également un enjeu important. Les transmissions à large bande, les modes automatiques, les stations commandées à distance et les nouveaux protocoles occupent une place croissante dans les bandes amateurs. La conférence pourrait chercher à mieux organiser la coexistence entre ces pratiques et les activités plus traditionnelles. L’objectif sera notamment d’éviter qu’un mode très occupé, automatique ou utilisant une largeur importante ne perturbe durablement les autres utilisateurs.

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Les recommandations adoptées à Vienne pourraient donc influencer la manière dont les associations nationales, les responsables de relais, les organisateurs de concours et les radioamateurs eux-mêmes coordonnent leurs activités.

Les concours internationaux représentent une part importante de l’activité radioamateur, mais ils peuvent aussi provoquer une occupation très dense des bandes. Les documents soumis aux commissions peuvent concerner les fréquences à préserver, les procédures d’appel, la conduite des opérateurs ou les conditions d’organisation des compétitions. Des recommandations peuvent également porter sur les bonnes pratiques de trafic : identification, occupation raisonnable d’une fréquence, respect des segments réservés à certaines activités ou protection des communications prioritaires. Ces décisions n’interdisent pas directement une pratique, mais elles peuvent devenir des références largement suivies par les associations, les organisateurs de concours et la communauté radioamateur européenne.

La commission consacrée à la compatibilité électromagnétique joue un rôle important dans la défense du spectre radioélectrique. Elle traite notamment des perturbations provoquées par certains équipements électriques ou électroniques : alimentations à découpage, éclairages à LED, panneaux photovoltaïques, réseaux de transmission par courant porteur ou appareils ne respectant pas suffisamment les normes de compatibilité électromagnétique. Les travaux présentés à Vienne pourraient renforcer les positions techniques de l’IARU Région 1 face à ces sources de brouillage. Ils peuvent également servir de base aux associations nationales pour dialoguer avec les administrations, les organismes de normalisation et les industriels. Pour les radioamateurs français confrontés à une augmentation du bruit radioélectrique, ce volet est particulièrement important. Même si l’IARU ne dispose pas d’un pouvoir réglementaire, ses études et recommandations peuvent contribuer à défendre plus efficacement la réception des signaux faibles.

Une commission est également consacrée à la jeunesse. Ses travaux portent sur le renouvellement de la communauté radioamateur, la formation, les activités internationales et l’accompagnement des nouveaux opérateurs. Les décisions prises pourraient encourager de nouvelles initiatives dans les radio-clubs, les établissements scolaires ou lors d’événements européens. L’enjeu ne concerne donc pas seulement la technique : il s’agit aussi de préparer l’avenir du radioamateurisme et de faciliter l’arrivée d’une nouvelle génération d’opérateurs.

Il convient de rappeler que l’IARU Région 1 n’est pas une autorité réglementaire. Ses conférences ne peuvent pas modifier directement les conditions françaises d’utilisation des fréquences. En France, les obligations des radioamateurs restent fixées par les textes nationaux et par les décisions des autorités compétentes. Les recommandations de l’IARU constituent principalement un cadre de coordination volontaire entre les opérateurs des différents pays. Elles bénéficient néanmoins d’une forte reconnaissance. Lorsqu’une recommandation est reprise dans les plans de bandes nationaux ou appliquée par les associations membres, elle peut progressivement modifier les habitudes de trafic. Son influence pratique peut donc être réelle, même sans avoir la valeur juridique d’une loi ou d’un règlement.

Les radioamateurs français ont désormais intérêt à suivre les propositions les plus concrètes, particulièrement celles concernant les plans de bandes, les modes numériques, les relais, les concours et la compatibilité électromagnétique. Mais le véritable bilan ne pourra être dressé qu’après la conférence, lorsque les textes adoptés et leurs éventuels amendements seront publiés. Il faudra alors distinguer trois niveaux :

  • les propositions rejetées ou retirées ;
  • les recommandations adoptées par l’IARU Région 1 ;
  • les éventuelles conséquences futures sur les pratiques ou la réglementation française.

La conférence de Vienne pourrait préparer plusieurs évolutions importantes pour le radioamateurisme européen. Pour le moment, cependant, les documents disponibles restent des propositions préparatoires : le débat est ouvert et aucune nouvelle règle ne s’applique encore.

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