40M - 7100/7300 MHz

40 MÈTRES : l’IARU VISE 7 300 kHz

Dernière mise à jour le 29 septembre 2026

40 MÈTRES : L’IARU VEUT GAGNER 100 kHz DE PLUS

Les radioamateurs européens finiront-ils par obtenir 100 kHz de plus sur la bande des 40 mètres ? La question reste ouverte, mais l’IARU Région 1 vient de franchir une étape politique qui pourrait peser. Lors de sa 27e Conférence générale, tenue à Vienne en septembre 2026, l’organisation a appelé ses associations membres à défendre l’idée d’une extension de cette bande jusqu’à 7 300 kHz. Concrètement, les représentants des associations nationales réunis dans la capitale autrichienne ont adopté une recommandation. Le texte ne se contente pas d’exprimer un souhait : il invite chaque organisation à se tourner vers les administrations compétentes de son pays pour réclamer l’élargissement de la bande des 40 mètres. L’objectif est précis. La limite supérieure de la bande, aujourd’hui fixée à 7 200 kHz, passerait à 7 300 kHz. Cent kilohertz de plus, donc, sur une portion du spectre très prisée des radioamateurs.

La proposition vient du DARC, l’association allemande. Présentée lors de la séance plénière finale de la conférence, elle a recueilli 97,73 % des voix. Un score qui laisse peu de place au doute sur l’adhésion des associations membres à cette démarche.

Dans la Région 1 de l’Union internationale des radioamateurs, qui couvre l’Europe, l’Afrique et une partie du Moyen-Orient, la bande des 40 mètres occupe aujourd’hui la plage de fréquences suivante : 7 000 à 7 200 kHz.

Cette attribution résulte d’un élargissement décidé au niveau international lors de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2003. L’extension jusqu’à 7 200 kHz n’est toutefois devenue effective qu’en 2009. De son côté, la Région 2, qui regroupe principalement les Amériques, dispose depuis longtemps d’une bande plus large, allant de 7 000 à 7 300 kHz, comme le rappelle l’UIT.

On peut résumer la situation en deux lignes :

  • Région 1 : 7 000 à 7 200 kHz (Europe, Afrique, une partie du Moyen-Orient)
  • Région 2 : 7 000 à 7 300 kHz (Amériques)

L’objectif que défendent aujourd’hui les partisans de l’élargissement est simple : aligner l’attribution de la Région 1 sur celle dont bénéficie déjà la Région 2.

La bande des 40 mètres, qui s’étend de 7 000 à 7 200 kHz selon les régions, compte parmi les bandes décamétriques les plus utilisées par les radioamateurs. Sa popularité tient à sa polyvalence : elle fonctionne aussi bien pour des communications locales et régionales, grâce à la propagation de jour par onde de sol et par réflexion ionosphérique, que pour des liaisons à longue distance lorsque les conditions de propagation sont favorables, notamment en soirée et pendant la nuit. Cette polyvalence a une contrepartie. De nombreuses activités se partagent le même espace : la télégraphie (CW), la phonie, les modes numériques, le trafic DX, les concours, les expérimentations techniques et les communications d’urgence. Cette coexistence peut rapidement saturer la bande, surtout pendant les week-ends de concours ou lorsque l’ouverture de propagation attire un grand nombre d’opérateurs sur les mêmes fréquences.

Une extension de la bande jusqu’à 7 300 kHz offrirait davantage d’espace pour répartir ces activités. Elle permettrait de mieux séparer les modes, de réduire les interférences entre elles et de limiter les conflits d’occupation, en particulier lors des périodes de forte affluence. L’IARU Région 1 a d’ailleurs choisi 7 110 kHz comme centre d’activité pour les communications d’urgence sur cette bande. Ce choix illustre l’importance d’une organisation claire des fréquences, y compris pour les usages qui ne relèvent pas du trafic de loisir.

Le dossier que le DARC a présenté ne se limite pas à une demande de fréquences supplémentaires. L’association allemande explique que sa proposition compte 29 pages. On y trouve plusieurs éléments, dont un historique de l’évolution du spectre et des données montrant que la portion 7 200 à 7 300 kHz est de moins en moins utilisée par les services de radiodiffusion.

Ce recul de l’occupation pourrait peser dans les discussions à venir avec les administrations qui gèrent le spectre.

Une mise au point s’impose, car une information circule ces derniers temps dans les milieux radioamateurs et prête à confusion. Ce qui a été décidé à Vienne ne donne en aucun cas aux radioamateurs français le droit d’émettre entre 7 200 et 7 300 kHz. La Conférence de l’IARU Région 1 a simplement adopté une orientation : elle invite ses associations membres à défendre cette extension auprès des organismes et des administrations compétents. C’est une position de principe, pas une autorisation.

La raison est simple : l’IARU n’est pas une autorité réglementaire. Elle n’a pas le pouvoir d’attribuer des fréquences dans un pays donné, quel qu’il soit. En France, la gestion et la répartition du spectre relèvent d’un cadre national, notamment du Tableau national de répartition des bandes de fréquences (TNRBF).

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Ce tableau est élaboré par l’ANFR et approuvé par le Premier ministre. La version consolidée la plus récente publiée par l’ANFR découle des modifications arrêtées le 26 mai 2026, avec une restitution corrigée le 14 août 2026.

À ce jour, aucune extension de la bande des 40 mètres jusqu’à 7 300 kHz n’est entrée en vigueur en France.

Les opérateurs doivent donc continuer à respecter les fréquences actuellement autorisées.

La recommandation adoptée à Vienne marque surtout le point de départ d’un travail institutionnel. Le vote ne règle pas la question, il ouvre un chantier. Les associations nationales vont maintenant devoir convaincre leurs administrations, pays par pays. Il leur faudra aussi porter le sujet dans les organismes qui coordonnent l’utilisation du spectre, là où se décident concrètement les attributions de fréquences. Une évolution de cette ampleur au niveau international ne se joue pas en une seule étape. Elle peut demander des discussions techniques, des études de compatibilité avec les autres services déjà présents dans la bande, et parfois des négociations dans les instances internationales de gestion des fréquences. Autant de rendez-vous où chaque pays arrive avec sa position.

Le score obtenu à Vienne, 97,73 % d’approbation, indique malgré tout une chose : le principe recueille un soutien très large parmi les associations représentées à l’IARU Région 1. C’est un point d’appui pour la suite, pas une garantie.

Pour les radioamateurs, l’enjeu ne se résume pas aux 100 kHz supplémentaires. Ce qui se joue derrière cette extension, c’est la cohérence des conditions d’utilisation de la bande des 40 mètres d’une région du monde à l’autre. Passer à 7 300 kHz permettrait de rapprocher ces conditions entre pays, et donc de simplifier l’organisation internationale du trafic amateur. Un radioamateur qui contacte une station située à l’autre bout du monde n’a pas à se demander si son correspondant dispose ou non des mêmes fréquences que lui. Il reste toutefois un écart à combler entre une recommandation adoptée par l’IARU et son application effective en France. Plusieurs étapes doivent encore être franchies avant qu’une décision ne soit transposée dans la réglementation nationale.

En l’état, la portion 7 200 à 7 300 kHz reste une revendication.

Elle n’est pas une nouvelle bande autorisée pour les radioamateurs français.

« Radio Collectif restera attentif à chaque évolution de ce dossier afin d’informer ses lecteurs des prochaines décisions réglementaires. »


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