Dernière mise à jour le 26 septembre 2026
JOTA 2026 : les stations se préparent à faire découvrir la radio
JOTA-JOTI est le plus grand événement scout numérique et radiophonique au monde, promouvant l’amitié et la citoyenneté mondiale
Le Jamboree on the Air se tiendra du 16 au 18 octobre 2026. Pendant trois jours, des scouts pourront s’initier à la radio amateur et échanger à distance avec d’autres jeunes, parfois à l’autre bout du monde. Pour les radio-clubs qui envisagent d’accueillir un groupe, c’est le moment de s’y mettre : une station ne s’improvise pas en une soirée.
Il suffit parfois de quelques minutes devant un poste pour déclencher une curiosité qui durera des années. Entendre un appel sorti de la friture, repérer un indicatif, se demander d’où vient cette voix : le déclic tient souvent à peu de chose. Le JOTA, organisé en parallèle du Jamboree on the Internet, repose sur cette idée. Les radioamateurs prêtent leur matériel et leur savoir-faire, les jeunes découvrent une technique, et les échanges qui s’ensuivent ouvrent sur d’autres pays, d’autres façons de vivre.
La Radio Society of Great Britain a publié une information le 18 septembre : elle invite les groupes participants à déclarer leurs stations pour alimenter une liste mise en ligne sur son site. L’initiative est britannique, mais le conseil vaut partout. Plus une station est annoncée tôt, plus les contacts se nouent facilement le jour venu. Les organisateurs qui s’y prennent à la dernière minute passent souvent le week-end à chercher des correspondants au lieu d’en trouver.
Inscrire le groupe et réunir les compétences
La première chose à faire est de mettre en relation les responsables scouts et le radio-club du secteur. Avant de penser matériel ou programme, il faut répondre à quelques questions simples : combien de jeunes viendront, à quelles heures, qui les accueillera, et qui tiendra la station pendant l’activité ? Ce sont ces réponses qui déterminent ce qu’il faut prévoir, tant pour l’équipement que pour le déroulé de la journée.
L’inscription officielle se fait sur le site JOTA-JOTI. Le site prévoit une procédure spécifique pour les responsables de groupes, ce qui facilite la préparation en amont et donne accès aux ressources de l’événement. À ne pas confondre avec le recensement annoncé par la RSGB : il s’agit de deux démarches séparées.
Sur le plan radio, il faut pouvoir compter sur des opérateurs titulaires des qualifications et autorisations requises. Les organisateurs du JOTA le rappellent : les règles qui encadrent la prise de parole des jeunes ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. La présence d’un radioamateur ne signifie donc pas que les scouts pourront transmettre librement, quel que soit l’endroit. Mieux vaut vérifier ce point avant l’animation. Si la prise de parole directe n’est pas autorisée, l’opérateur peut se charger de transmettre les questions que les scouts auront préparées.
Une installation simple, testée et accessible
Quand on organise une première séance de radio amateur avec un groupe, mieux vaut choisir une station simple à présenter. Un poste principal, une antenne qui correspond à la bande utilisée, une alimentation qui ne lâche pas en cours de route et une écoute suffisamment claire pour que tout le petit groupe entende : voilà de quoi tenir un atelier qui a du sens, sans se perdre dans des explications techniques.
Un essai complet avant la séance évite bien des surprises. On vérifie les branchements, on contrôle l’accord de l’antenne, on écoute ce qui sort réellement du haut-parleur et on repère d’éventuels parasites. Ce temps passé en amont sert surtout à ne pas transformer la rencontre en séance de dépannage : rien de plus démobilisant pour des débutants que de regarder quelqu’un chercher une panne pendant une heure.
L’installation, elle, doit être conçue dès le départ pour recevoir du public :
- les câbles passent dans des zones protégées, à l’abri des pieds et des manipulations ;
- les supports sont fixés solidement, sans risque de basculement ;
- l’accès aux antennes et aux équipements électriques reste contrôlé, pour éviter qu’un participant s’en approche sans encadrement.
Il faut aussi prévoir à l’avance ce qu’on fait si la météo se dégrade et oblige à interrompre une activité en extérieur.
Savoir qui prend la décision, où l’on range le matériel et comment on regroupe les participants évite l’improvisation au moment où tout le monde attend une consigne.
Prévoir plusieurs possibilités de contact
Avant une séance, mieux vaut préparer une liste de plusieurs bandes que l’on peut réellement utiliser avec le matériel et les autorisations dont dispose la station. L’équipe note sur une fiche les bandes à essayer, les modes retenus et, surtout, l’ordre dans lequel on basculera vers les solutions de repli si la première ne donne rien. Cette fiche évite de chercher quoi faire au moment où l’activité est lancée.
Radio Collectif suggère aussi de fixer à l’avance un rendez-vous avec un autre groupe participant. Pour des débutants, l’échange est beaucoup plus simple à comprendre quand le correspondant sait qu’il doit les attendre à un moment précis : ils entendent une voix qui leur répond, et le lien entre l’émission et la réception devient concret. Les horaires doivent être écrits noir sur blanc, en indiquant s’il s’agit de l’heure locale ou de l’UTC, car une confusion sur ce point suffit à faire échouer le rendez-vous.
Si aucun contact n’aboutit, la séance ne s’arrête pas là. On peut enchaîner sur une activité d’écoute, demander aux participants de repérer des stations sur une carte, ou faire un exercice de transmission sans émettre. L’absence momentanée de correspondant cesse alors d’être un échec : elle devient le prétexte pour expliquer ce que la radio permet et ce qu’elle ne permet pas.
Apprendre à se faire comprendre
Avant de prendre le micro, les jeunes gagnent à s’entraîner sur un message court. Trois éléments suffisent : un prénom, une présentation du groupe, une question. Par exemple : « Bonjour, notre groupe découvre la radio aujourd’hui. Quelle activité scoute préférez-vous ? » L’exercice paraît simple, mais il oblige à parler lentement et à articuler, deux réflexes qui serviront ensuite.
L’alphabet phonétique international fait un excellent premier atelier. Le principe : chaque lettre est remplacée par un mot facile à reconnaître, même si la liaison est mauvaise. A pour Alfa, B pour Bravo, C pour Charlie. Le mot RADIO se dit alors Romeo, Alfa, Delta, India, Oscar. On peut commencer par les prénoms des participants, puis enchaîner avec l’indicatif que la station utilise réellement. Le but n’est pas d’aller vite : il s’agit de restituer tous les caractères dans le bon ordre, sans en oublier ni en inventer. Le manuel officiel JOTA-JOTI met à disposition des ressources sur l’alphabet phonétique et sur les procédures de communication.
Pour travailler le passage d’un indicatif, une fiche d’entraînement peut reprendre cette structure :
« [Indicatif du correspondant], ici [indicatif de notre station]. Bonjour, merci de votre réponse. À vous. »
L’opérateur explique ensuite les réflexes de base : écouter avant d’appeler, parler distinctement, laisser des pauses entre les phrases, et demander une répétition dès qu’une information manque. Mieux vaut une répétition demandée qu’un indicatif noté de travers.
Donner un rôle à chacun
Une station de radio devient vraiment vivante quand chacun y met la main. L’idée est simple : au lieu de laisser une seule personne tenir le microphone pendant que les autres regardent, on répartit les tâches. Pendant qu’un jeune prépare la question qu’il posera au prochain contact, un autre note l’indicatif entendu, un troisième cherche le pays sur une carte, et un quatrième inscrit le contact dans le journal, avec l’aide d’un adulte si besoin. Chacun a un rôle précis, et le contact avance sans que personne ne reste les bras croisés.
Radio Collectif propose d’organiser ces rôles par petits groupes, puis de les faire tourner au fil de la séance. Un jeune qui a noté les indicatifs passera ensuite au microphone, puis à la carte. Cette rotation présente deux avantages. D’abord, elle permet d’intégrer les plus timides, qui commencent par une tâche discrète avant de se sentir prêts à parler. Ensuite, elle évite la longue file d’attente devant un seul poste : personne ne passe vingt minutes à attendre son tour en écoutant les autres.
À la fin de la séance, quelques minutes de discussion suffisent pour faire le point. On demande simplement aux participants ce qu’ils ont entendu, ce qui les a aidés à comprendre, et pourquoi certains signaux étaient plus difficiles à capter que d’autres. Ces échanges sont courts, mais ils permettent de repérer ce qui a bien fonctionné et ce qu’il faudra ajuster la prochaine fois.
Pour les radio-clubs, le JOTA reste une occasion concrète de transmettre leur passion. Une station accueillante, des explications accessibles et un échange bien préparé peuvent suffire à donner à un jeune l’envie de revenir, d’apprendre, et peut-être, un jour, de devenir radioamateur à son tour.
Informations et inscription : site officiel JOTA-JOTI.
Ressources pratiques : manuel des activités radioamateurs.

Rédacteur: Webmaster (Joel T.) – Création RADIO COLLECTIF© – Tous droits réservés.