Dernière mise à jour le 28 septembre 2026
241 GHz : les radioamateurs à l’échelle du millimètre
Autour de 1,2 millimètre de longueur d’onde, la bande qui va de 241 à 250 GHz fait partie de ces territoires où chaque essai coûte cher en matériel et en patience. Radio Collectif en décrit les caractéristiques, la façon dont elle est répartie, et les conditions à remplir pour l’utiliser en France.
Le radioamateurisme ne se limite pas aux ondes courtes, ni aux relais VHF et UHF que beaucoup connaissent. Bien plus haut en fréquence, des passionnés construisent eux-mêmes des équipements capables d’établir des liaisons sur les ondes millimétriques. La bande que l’on appelle communément « 241 GHz » appartient à cet univers, un endroit où l’électronique, la mécanique de précision et les essais sur le terrain finissent par se rejoindre.
À ces fréquences, la moindre imprécision se paie. Un guide d’onde mal aligné, un oscillateur qui dérive de quelques dizaines de hertz, et la liaison ne passe pas. C’est ce qui explique le petit nombre d’amateurs actifs sur cette bande, et la quantité de travail que représente chaque contact réussi.
Sa désignation internationale et ses caractéristiques
La bande appartient à la gamme EHF, pour Extremely High Frequency, comprise entre 30 et 300 GHz. Elle se situe dans le domaine des ondes millimétriques.
| Caractéristique | Désignation ou valeur |
|---|---|
| Désignation internationale de la gamme | EHF – Extremely High Frequency |
| Appellation de la bande amateur | Bande des 1,2 mm, également appelée bande des 1 mm ou des 241 GHz |
| Gamme de fréquences | 241 à 250 GHz |
| Équivalent en mégahertz | 241 000 à 250 000 MHz |
| Largeur totale de la bande | 9 GHz, soit 9 000 MHz |
| Longueur d’onde dans le vide | Environ 1,244 mm à 241 GHz et 1,199 mm à 250 GHz |
| Services concernés | Service amateur et service amateur par satellite |
Les longueurs d’onde sont calculées à partir de la relation entre la vitesse de la lumière et la fréquence. L’expression « bande des 1,2 mm » constitue donc une désignation arrondie.
Quelle répartition réglementaire en France ?
La réglementation française distingue deux segments, dont le statut s’applique également au service amateur par satellite :
| Fréquences | Statut | Conditions de coexistence |
|---|---|---|
| 241 à 248 GHz | Attribution secondaire | Ne pas provoquer de brouillage préjudiciable aux services primaires ; aucune protection exigible contre les brouillages causés par ces services. |
| 248 à 250 GHz | Attribution primaire | Utilisation avec les droits attachés au statut primaire, dans le respect des règles du service amateur. |
Cette distinction est essentielle : l’ensemble des 241 à 250 GHz ne bénéficie pas du même niveau de priorité. Les attributions internationales correspondantes ont été préservées lors de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2023.
Comment les usages sont-ils organisés ?
Le plan de bande IARU Région 1, dont relève la France métropolitaine, complète cette répartition par des recommandations d’utilisation. Sa version 10.03, publiée en 2026, prévoit :
| Segment | Utilisation recommandée |
|---|---|
| 241 à 248 GHz | Tous modes ; à utiliser lorsque le segment préféré ne peut pas l’être. |
| 248,000 à 248,001 GHz | Modes à bande étroite et service amateur par satellite. |
| 248,001 à 250 GHz | Tous modes ; segment préféré. |
La portion 248,000 à 248,001 GHz représente 1 MHz de largeur. Elle constitue un segment d’activité, et non un canal unique. Ce tableau ne définit pas de fréquence d’appel universelle.
Ces recommandations IARU organisent la coexistence des activités ; elles ne remplacent pas la réglementation française.
De même, la mention du service amateur par satellite ne signifie pas qu’un satellite utilisable soit effectivement présent sur ces fréquences.
Des utilisations avant tout expérimentales
Cette bande sert d’abord à mettre au point des équipements. Elle permet aussi d’établir des liaisons entre stations, de faire des essais de télégraphie et de mesurer ce que valent réellement les systèmes d’émission et de réception sur ces fréquences.
L’expression « tous modes » prête souvent à confusion. Elle ne signifie pas qu’on pratique régulièrement chaque mode d’émission. Ce qu’on peut faire dépend du matériel dont on dispose, de sa stabilité en fréquence et de la qualité du signal qu’on arrive à obtenir. Un équipement donné ne couvrira donc pas forcément tous les modes annoncés.
Le UK Microwave Group recense plusieurs réalisations concrètes : des transverters pour 241 GHz, des balises en télégraphie et des antennes paraboliques de 30 centimètres. Un transverter joue le rôle d’intermédiaire : il prend le signal d’un poste qui fonctionne à une fréquence plus basse et le transpose vers la bande millimétrique. À la réception, il fait l’opération inverse pour ramener le signal vers le poste.
Un matériel spécialisé pour des contacts exigeants
Une station dans ces bandes, c’est d’abord un assemblage de fonctions bien précises : un oscillateur qui doit rester stable, un ou plusieurs étages qui multiplient sa fréquence, des mélangeurs pour transposer le signal, et des guides d’ondes pour le transporter. Chaque élément compte, mais ce sont les pertes et le bruit de l’oscillateur qui posent le plus de problèmes. Multiplier une fréquence, c’est aussi multiplier les défauts du signal de départ : ce qui était une petite imprécision ou un peu de bruit se retrouve amplifié à la sortie.
L’antenne ne se traite pas à part. Sa forme, son gain, et surtout la façon dont on l’oriente déterminent si la liaison passe ou non. À ces fréquences, le moindre écart d’alignement entre les deux côtés se paie cash. Réussir un contact suppose donc de préparer les deux installations avec le même soin, sans négliger un seul des deux bouts de la chaîne.
Les résultats obtenus dans ce domaine sont parfois spectaculaires. L’ARRL rapporte une liaison de 114 kilomètres sur 241 GHz. Il faut prendre ce chiffre pour ce qu’il est : une performance technique isolée, obtenue dans des conditions particulières, pas une distance qu’on peut espérer reproduire à volonté.
Qui peut émettre en France, et avec quelle puissance ?
Pour émettre sur cette bande, il faut deux choses : un certificat d’opérateur qui autorise l’accès à ces fréquences, et un indicatif d’appel. L’ancien certificat de classe 3 ne suffit pas, il ne donne pas accès à cette portion du spectre.
Le tableau réglementaire français fixe la puissance maximale à 120 W en crête, mesurée à la sortie de l’émetteur. C’est un plafond légal, pas une valeur typique : les montages expérimentaux fonctionnent souvent bien en dessous. Deux règles restent à respecter en toutes circonstances, le statut des segments occupés et la prévention des brouillages.
Pour Radio Collectif, la bande des 1,2 mm montre bien ce que le radioamateurisme a de technique. On y construit, on y mesure, on y partage ce qu’on trouve. Chaque contact repose sur un travail d’essai et d’erreur, et c’est ce qui fait avancer les connaissances tout en entretenant le goût de la recherche.
Au 26 septembre 2026, la dernière version proposée par l’ANFR est celle du 26 mai 2026, avec une restitution corrigée le 14 août 2026.
| Document | Date de référence | Lien officiel |
|---|---|---|
| Annexe à l’arrêté du Premier ministre – TNRBF initial | 18 avril 2025, publié au JO du 19 avril 2025 | Télécharger le PDF |
| Version consolidée après la dernière modification | 26 mai 2026, restitution corrigée le 14 août 2026 | Télécharger le PDF à jour |
| Annexe modificative du 26 mai 2026 | Détail des dernières modifications | Télécharger le PDF |
| Arrêté modificatif au Journal officiel | 26 mai 2026, publié le 27 mai 2026 | Consulter sur Légifrance |
Pour consulter la répartition actuelle des fréquences, utilisez le deuxième lien, qui rassemble le tableau et ses modifications.
La date du 14 août correspond à une correction de restitution du document ; sa version réglementaire reste datée du 26 mai 2026. anfr.fr
Retrouvez les versions et archives sur la page officielle du TNRBF de l’ANFR.

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