Le Superstar SS-3900 : Anatomie d’une légende de la radio
L’endurance d’un icône à travers les ondes
Dans le panthéon des équipements de radiocommunication, peu de noms évoquent une nostalgie et un débat aussi intenses que le Superstar SS-3900.
Considéré par beaucoup comme un véritable « icône des années 80 », cet émetteur-récepteur a défini une génération d’opérateurs de la “Citizen Band” (CB) et de “freebanders”.
Sa longévité est remarquable ; alors que d’innombrables modèles ont disparu, le SS-3900 a persisté pendant « presque quatre décennies », conservant son « look rétro classique ».
Pourtant, cette longévité est paradoxale.
L’héritage du SS-3900 n’est pas celui d’une perfection technique irréprochable, mais celui d’un appareil au potentiel immense, bien que fondamentalement défectueux.
Sa popularité s’est construite non seulement sur ses performances, mais aussi sur son prix abordable et, de manière cruciale, sur son incroyable flexibilité en tant que plateforme de modification.
L’intérêt pour cet appareil a connu une résurgence spectaculaire avec l’annonce et la sortie d’un « nouveau modèle 2023 ».
Cette renaissance soulève une question essentielle qui captive le marché : s’agit-il d’un simple hommage nostalgique capitalisant sur un nom célèbre, ou d’une véritable résurrection technique qui corrige les défauts historiques de l’appareil?
Ce rapport vise à analyser en profondeur l’anatomie de cette légende, de sa genèse technique à sa rédemption moderne.
Genèse : L’âge d’or, Ranger, et la plateforme EPT3600
Pour comprendre le SS-3900, il faut d’abord déconstruire son identité.
Les origines du modèle “classique” (Mk1) remontent aux années 1980 et 1990 (période 198x-199x), avec une fabrication localisée à Taïwan et en Malaisie.
Bien que le nom “Superstar” soit sur la façade, les recherches historiques lient son ascendance au fabricant Ranger et le positionnent comme une évolution de modèles antérieurs tels que le SS-3600.
Plus important encore, le SS-3900 n’a pas été conçu ex nihilo.
Il est fondamentalement construit sur le châssis de l’omniprésent Cobra 148 et, de manière cru, utilise la célèbre carte de circuit imprimé (PCB) EPT3600.
Cette révélation est la clé de tout l’héritage du SS-3900.
“Superstar” (et d’autres, comme Ranger) n’était pas tant un fabricant de bout en bout qu’une marque utilisant une plateforme OEM (Original Equipment Manufacturer) disponible.
Cette “architecture ouverte” non intentionnelle est la véritable raison de son succès durable.
Elle a créé instantanément un écosystème de modification.
Les “mods” n’étaient pas des “hacks” obscurs ; ils étaient des ajustements bien compris d’une plateforme flexible.
L’héritage du SS-3900 n’est donc pas celui d’une marque, mais celui d’une carte : l’EPT3600.
Analyse technique du SS-3900 “Classique” (Pré-2023)
Le matériel d’origine, basé sur cette plateforme EPT3600, définissait les standards de la radio “export” de l’époque.
- Synthétiseur PLL : Le cœur de la radio était un synthétiseur de fréquence (Phase-Locked Loop), notamment le MC145106. C’est ce composant qui gérait le verrouillage des canaux.
- Modes d’émission : Il offrait une suite complète de modes : AM, FM, SSB (Bande Latérale Unique, LSB/USB) et CW (Télégraphie).
- Puissance de sortie : Les spécifications de puissance variaient considérablement selon les versions et les modifications, mais se situaient généralement autour de 5W à 10W en AM/FM et de 12W à 25W (PEP) en SSB.
- Fonctionnalités clés :
- Double clarificateur (Coarse/Fine) : L’une de ses caractéristiques les plus distinctives. Le “Fine” ajustait la réception (RX), tandis que le “Coarse” (sur de nombreuses versions) ajustait à la fois l’émission (TX) et la réception (RX).
- S-mètre analogique : Un vu-mètre classique pour mesurer la force du signal reçu (S), la puissance de sortie (RF) et le taux d’ondes stationnaires (SWR).
- Roger Beep : Une tonalité de fin d’émission, devenue emblématique.
- Compteur de fréquence externe : L’un des aveux les plus révélateurs de ses limitations. L’appareil était pré-câblé pour un compteur de fréquence externe. Les concepteurs savaient que l’affichage des canaux était insuffisant et que la stabilité de la fréquence était un problème.
Le talon d’achille et la culture de la modification
La faille parfaite : Analyse du “Drift” de fréquence
L’héritage du SS-3900 classique est indissociable de son “péché originel” : une instabilité notoire de la fréquence, communément appelée “drift” (dérive).
Ce défaut était si prononcé qu’un utilisateur du nouveau modèle 2023 se souvient avec justesse des anciens appareils comme étant des « drift monsters » (monstres de dérive).
Les forums de l’époque confirment que le « SSB drift was a problem » (la dérive en SSB était un problème).
Techniquement, cette dérive provenait de la conception du synthétiseur PLL (comme le MC145106) et de sa sensibilité aux variations thermiques à l’intérieur du châssis.
Si cette dérive était un inconvénient mineur en AM ou FM, elle devenait une faille critique en SSB.
En Bande Latérale Unique, un décalage de quelques centaines de Hertz suffit à rendre une voix inintelligible, la transformant en la fameuse “voix de canard Donald”.
Le paradoxe est que le SS-3900 était immensément populaire justement pour la SSB, malgré cette faille.
Cela s’explique par le fait que l’appareil exigeait une interaction constante de l’opérateur.
Utiliser un SS-3900 en SSB n’était pas une opération “réglez-le et oubliez-le” ; cela impliquait de “chasser” constamment la fréquence de la station correspondante en manipulant les clarificateurs Coarse et Fine.
Cette faille a agi comme un filtre de compétence involontaire.
Elle a découragé les opérateurs occasionnels mais a créé une “culture” d’opérateurs qualifiés qui “connaissaient” leur appareil et tiraient une certaine fierté de leur capacité à maîtriser cet appareil capricieux.
La dérive n’était pas seulement un défaut ; c’était un bizutage technique qui définissait la communauté des utilisateurs du SS-3900.
L’identité “Export” : L’art du débridage (SS-3900N / EFT)
L’âme véritable du SS-3900 ne résidait pas dans sa boîte d’origine, mais dans son potentiel de modification.
L’appareil était un secret de polichinelle : vendu comme un appareil CB (ou 10 mètres) “légal”, il était conçu dès le départ pour être “débridé” pour l’exportation ou la “freeband”.
Les documentations techniques de l’époque, aujourd’hui archivées, détaillent ces modifications avec une précision qui trahit l’intention du concepteur.
La présence de cavaliers (jumpers) et de points de connexion clearly identifiés suggère fortement que le fabricant (Ranger/OEM) a intentionnellement conçu la carte pour être facilement reconfigurable.
C’était un exemple classique de conformité plausible, permettant aux importateurs de respecter la loi tout en vendant aux passionnés un appareil dont le potentiel “export” était l’argument de vente principal.
Les modifications variaient selon la version exacte du PCB :
- Pour le SS 3900 N / 3900 EL NEW : La modification des canaux impliquait de déplacer le cavalier J10 (situé près des L26, L27, L28) et d’effectuer une soudure pour activer le +10 KHz. La puissance était ensuite ajustée via des potentiomètres : RV13 (puissance AM/FM), RV14 (modulation AM/FM) et RV12 (ALC pour la SSB).
- Pour le Superstar 3900 EFT : Le processus était différent et plus complexe. Il impliquait de déplacer le cavalier J28, de déplacer un connecteur du J4 vers le J2, et surtout, de supprimer une résistance soudée sur le circuit intégré IC5.
Variantes et rivaux : Comprendre l’écosystème (EL, EFT, Cobra 148, Jackson)
Le SS-3900 n’existait pas en vase clos.
Le marché était féroce, défini par des variantes et des rivaux emblématiques.
- Variantes : Au fil des ans, plusieurs versions sont apparues. Les modèles “EL” et “EFT” sont les plus courants. Le “EFT” se distinguait principalement par l’ajout d’une platine “Écho” intégrée. Des variantes cosmétiques, comme le “SS-3900 Black”, ont également vu le jour.
- Rivaux : La comparaison la plus directe et la plus fréquente était celle avec le Cobra 148. Les utilisateurs de l’époque notaient qu’ils étaient « essentiellement la même radio » en termes de châssis et de puissance de base. Cependant, les modèles 148 fabriqués aux Philippines ou en Malaisie étaient souvent considérés comme la « référence » avec une meilleure qualité de fabrication et moins de problèmes de soudures froides. Le SS-3900, en revanche, offrait plus de fonctionnalités (double clarificateur, bandes étendues après modification) pour un prix souvent inférieur.
- D’autres concurrents majeurs incluaient le President Jackson et le Ranger 2950. Dans les débats de l’époque, le Ranger 2950 était souvent considéré par les connaisseurs comme une « bien meilleure radio », mais le SS-3900 conservait l’avantage du « bon rapport qualité-prix ».
La résurrection (Le modèle 2023)
Une nouvelle ère : L’architecture interne du modèle 2023
Avance rapide jusqu’en 2023.
Le nom Superstar 3900 est de retour, mais il est crucial de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une simple réédition ou de la vente d’un vieux stock.
Le modèle 2023 est une réimagination complète de l’icône.
Derrière la façade familière se cache une « toute nouvelle carte de circuit interne à jour », caractérisée par une « nouvelle conception de carte avec des micro-composants » (technologie de montage en surface, ou SMD).
Cette nouvelle version est commercialisée par des entités européennes, notamment Pihernz Comunicaciones en Espagne et CRT en France.
L’accent mis sur le “look rétro” est une stratégie marketing délibérée.
Les distributeurs comprennent que l’identité visuelle du SS-3900 est son plus grand atout.
Le nouveau modèle conserve méticuleusement les éléments emblématiques : le « design emblématique », les boutons de commande physiques, « l’entrée microphone sur le côté » et le « vu-mètre analogique ».
Cette enveloppe “rétro” sert de cheval de Troie technologique.
Elle permet de vendre une radio entièrement moderne (PLL stable, micro-composants, nouvelles fonctionnalités) à un public qui, paradoxalement, se méfie souvent des radios “modernes” perçues comme ayant des menus complexes ou une “sensation” plastique.
C’est une façade qui superpose une interface utilisateur des années 80 à un cœur technologique des années 2020.
La rédemption technique : Résoudre le “Péché originel”
Le véritable argument de vente du SS-3900 (2023) n’est pas ce qu’il a, mais ce qu’il n’a pas.
Les ingénieurs ont identifié et corrigé le “péché originel” de la marque.
Le retour d’utilisateur le plus critique et le plus enthousiaste sur le nouveau modèle est sans équivoque.
Un opérateur de longue date résume parfaitement la situation : « ayant possédé 3 3900 de style plus ancien qui étaient des drift monsters, ce nouveau modèle est rock solid et sur la fréquence ».
Un autre commentaire fait écho à ce sentiment : « Enfin une radio Cb d’aspect rétro stable ».
Cette stabilité n’est pas un hasard. Elle est inscrite dans les spécifications techniques. Le nouveau modèle utilise un synthétiseur PLL moderne 4 qui garantit une stabilité de fréquence de +/- 5 ppm (parties par million). C’est un monde à part par rapport à l’instabilité thermique de l’ancien PLL MC145106.
C’est un cas fascinant de marketing de rédemption.
Les distributeurs ne vendent pas seulement un produit ; ils vendent l’absolution d’un défaut vieux de 40 ans.
La “stabilité” est le mot-clé qui justifie l’existence de cette nouvelle radio.
L’intégration moderne : VOX, NRC, ASQ et autres nouveautés
Sous le capot, la nouvelle carte SMD introduit une suite complète de fonctionnalités modernes, souvent gérées via un menu accessible par les commandes de la radio.
Ces ajouts comblent le fossé entre l’ergonomie classique et les attentes modernes :
- VOX (Voice Operated Transmit) : Permet de déclencher l’émission à la voix, pour une utilisation “mains libres”.
- Squelch automatique (ASQ) : Une fonction désormais standard qui ajuste automatiquement le seuil de silence.
- Réduction de bruit (NRC) : Une innovation significative, offrant une réduction du bruit en réception et en émission.
- Fonction HI-CUT : Un filtre audio qui coupe les hautes fréquences pour réduire le bruit de fond en réception.
- Microphone avec UP/DOWN : Une commodité moderne, le nouveau microphone à main est équipé de boutons de changement de canal.
- Programmation PC : L’appareil peut être connecté à un ordinateur pour des réglages plus fins.
Il est à noter que les tout premiers lots (batch) sortis début 2023 présentaient quelques problèmes de jeunesse, notamment un “bip” (beep) de touche agaçant qui ne pouvait être désactivé qu’avec le logiciel PC.
Conscient du problème, le fabricant a rapidement réagi, et les versions ultérieures (dès la mi-2023) permettent de désactiver ce bip directement depuis le menu de la radio.
Le SS-3900 moderne : Potentiel standard vs. “Export”
Analyse comparative : Le “SS-3900 (2023) légal” (Multinorme)
Tel qu’il est vendu en Europe, le SS-3900 (2023) est un appareil “Multinorme”.
Cela signifie qu’il est configuré pour se conformer aux réglementations de divers pays de l’UE.
- Canaux : 40 canaux.
- Puissance de sortie : Bridée légalement à 4W (en AM/FM) et 12W (PEP en SSB).
- Fréquences : Limitée aux bandes CB allouées (par exemple, 26.565 à 27.99125 MHz, selon la norme sélectionnée).
Analyse comparative : Le “SS-3900 (2023) export” (Débridé)
Tout comme son ancêtre, le SS-3900 (2023) a été conçu avec un potentiel caché.
Une fois la modification “export” effectuée, l’appareil révèle sa véritable nature, et les performances augmentent de façon spectaculaire.
- Puissance de sortie : La puissance en mode “Export” triple (ou plus) pour atteindre 12W (en AM/FM) et 40W (PEP en SSB).
- Fréquences : La couverture s’étend massivement pour couvrir les bandes “freeband” et la bande radioamateur des 10 mètres, s’étalant typiquement de 25.615 MHz à 28.305 MHz, certains rapports indiquant même une couverture jusqu’à 30.105 MHz.
Cette augmentation drastique confirme que la radio est conçue pour fonctionner à ces niveaux “export”.
Le mode légal de 4W/12W n’est pas la norme ; c’est une version fortement bridée de la conception de base.
Le véritable appareil “stock” est la version 40W.
La nouvelle école de modification : Du “fil blanc” au PC
L’esprit de modification des années 80 est non seulement vivant, mais il a été intentionnellement intégré dans le nouveau design, tout en étant modernisé.
- Le “fil blanc” : Fini les cavaliers J10 ou J28. La modification matérielle principale, successeur spirituel des anciens “mods”, consiste désormais à couper un « petit fil blanc » (little white wire) situé sur la carte de circuit imprimé.
- La solution “propre” : Les bricoleurs ont rapidement trouvé des solutions plus élégantes. Au lieu de couper le fil, beaucoup installent un « reed switch » (interrupteur à lame souple). Cela permet de basculer entre le mode “légal” et le mode “export” simplement en approchant un aimant de l’extérieur du boîtier, préservant ainsi l’esthétique et la garantie. Certains revendeurs proposent même d’installer un interrupteur à bascule discret à l’arrière de l’appareil.
- Logiciel PC : Le logiciel PC est utilisé pour les ajustements plus fins, tels que la désactivation du Roger Beep (sur les premiers modèles) ou la configuration détaillée des niveaux de VOX et de NRC.
La persistance de la modification physique (le fil blanc) alors même qu’un port PC existe est un brillant exemple de conception empathique.
Le fabricant sait que sa base d’utilisateurs “classique” est une culture de “bricoleurs”, habitués à un fer à souder, pas nécessairement des programmeurs.
Le “fil blanc” offre une modification “à l’ancienne”, familière et satisfaisante, pour un appareil moderne, reliant directement le nouvel utilisateur à l’héritage de l’appareil.
Tableau comparatif des spécifications : Évolution d’une légende
Le tableau ci-dessous résume l’évolution spectaculaire du SS-3900, de sa forme classique à son potentiel moderne complet.
Il distille l’ensemble de l’histoire technique de l’appareil en une seule référence.
SS-3900 – Confrontation des spécifications (Classique vs. 2023 Légal vs. 2023 Export)
| Caractéristique | SS-3900 “Classique” (Pré-2023) | SS-3900 “Moderne” (Légal 2023+) | SS-3900 “Moderne” (Export 2023+) |
| Puissance AM/FM | 5W – 10W (variable) | 4W (Légal) | 12W |
| Puissance SSB | 12W – 25W PEP (variable) | 12W PEP (Légal) | 40W PEP |
| Plage de Fréq. | ~25.615 – 28.305 MHz (Modifié) | ~26.565 – 27.99125 MHz (Multinorme) | ~25.615 – 30.105 MHz |
| Synthétiseur PLL | PLL (Ex: MC145106) | Synthétiseur PLL moderne | Synthétiseur PLL moderne |
| Stabilité Freq. | Faible (“Drift Monster”) | Élevée (+/- 5 ppm) | Élevée (+/- 5 ppm) |
| Clarificateur | Coarse/Fine (Actif TX/RX) | Fine (Coarse inactif en mode légal) | Coarse/Fine (Actif) |
| Fonctionnalités clés | S-Mètre, roger beep, NB/ANL | S-Mètre, roger beep (prog.), NB/ANL, micro UP/DOWN, SWR Mètre intégré | Identique au mode légal |
| Fonctionnalités “Modernes” | Aucune (sauf écho sur “EFT”) | VOX, squelch automatique (ASQ), réduction de bruit (NRC), HI-CUT, programmable PC | Identique au mode légal |
| Méthode de Mod. | Cavaliers (J10, J28), résistances (IC5), potentiomètres | Couper “Fil Blanc”, interrupteur “Reed”, logiciel PC | N/A (État modifié) |
Démystification : Le SS-3900 et le marché des “clones”
Clarification : SS-3900 (Remake rétro) vs. SS-6900N (Clone moderne)
Le point de confusion le plus critique pour un acheteur en 2025 est la nomenclature de la marque.
La même société qui distribue le SS-3900 (CRT) distribue également un appareil nommé CRT SS-6900N.
Beaucoup supposent à tort qu’il s’agit d’une évolution ou d’un appareil similaire.
Ce n’est absolument pas le cas.
- Le SS-3900 (2023) est un remake rétro. Il est conçu, comme nous l’avons vu, pour ressembler et se sentir comme le classique, mais avec une technologie interne moderne et stable.
- Le CRT SS-6900N est un clone de l’Anytone AT-5555. Cette famille de radios “modernes” (souvent vendues comme radios “10 mètres”) comprend également le K-PO DX-5000, le Maas DX-5000, l’Alpha 10 Max, etc.. Ces appareils partagent un design de châssis moderne, des écrans LCD et une architecture interne axée sur la programmation PC.
Le SS-3900 (2023) et le SS-6900N ne sont pas des concurrents ; ce sont des choix philosophiques.
- Le SS-3900 est destiné à l’opérateur qui veut la sensation des années 80 : de gros boutons physiques, un S-mètre analogique, et une interface sans menus complexes. L’interface est la radio.
- Le SS-6900N/AT-5555 est pour l’opérateur “moderne” qui veut une programmation PC poussée, des écrans LCD affichant la fréquence, des filtres DSP, et qui se moque de l’esthétique “rétro”. Les fonctionnalités sont la radio.
Analyse architecturale : Pourquoi ce ne sont pas les mêmes appareils?
Techniquement, ces deux lignes de produits sont fondamentalement différentes.
L’architecture du SS-6900N/AT-5555 est basée sur une technologie de montage en surface (SMT) conçue dès le départ pour une programmation PC complexe.
Elle utilise des finales MOSFET (par exemple, IRF520) et est louée pour ses filtres et son traitement de signal numérique (DSP).
Le SS-3900 (2023), bien qu’utilisant également des “micro-composants” modernes, le fait dans une disposition conçue pour imiter l’interface utilisateur et la disposition des commandes de l’ancienne plateforme EPT3600.
Ses arguments de vente audio sont le NRC et le HI-CUT, qui sont des filtres audio, plutôt que le DSP au niveau de la fréquence intermédiaire (IF) que l’on trouve dans la famille AT-5555.
Ce sont des conceptions distinctes, pour des publics distincts.
Verdict d’expert : La place du SS-3900 en 2025 et au-delà
Synthèse des avis : L’expérience “vieille école”, la performance “nouvelle école”
Les avis des utilisateurs sur le nouveau modèle (2023) brossent un tableau cohérent et confirment l’objectif de l’appareil.
- Les points positifs : L’éloge est quasi unanime sur deux points :
- L’esthétique : « J’adore le style rétro ».
- La stabilité : « Rien que des bons contrôles radio… la fréquence est stable ». Les utilisateurs le décrivent comme « un knockout d’une radio, basique oui mais dans tous les domaines elle ne déçoit pas ». La qualité audio est également saluée : « Le son en SSB est très bon », et l’appareil est considéré comme ayant un « bon rapport qualité-prix ».
- Les points négatifs : Les critiques sont mineures et souvent liées à la fidélité de la conception “rétro” :
- Problèmes de jeunesse : Le « bip redouté » des premiers modèles, bien que corrigé depuis.
- Ergonomie “rétro” : La fonction “Canal 9” est jugée « inutile de nos jours ». Plus significativement, le maintien du « microphone sur le côté » est un « inconvénient pour une utilisation mobile » par rapport aux radios modernes dont la prise micro est en façade.
En conclusion : Piège à nostalgie ou outil de performance pertinent?
Le Superstar SS-3900 (modèle 2023) réussit un tour de force remarquable.
Il évite le “piège à nostalgie” car il ne se contente pas de ressembler à son ancêtre ; il résout le problème technique fondamental (la dérive de fréquence) qui a tourmenté l’original pendant des décennies.
Dans le même temps, il ne prétend pas être une radio “moderne” de pointe.
Il est surclassé en termes de fonctionnalités pures, d’options de filtrage et d’intégration PC par la famille Anytone/SS-6900N.
Mais c’est précisément là que réside son génie.
Le SS-3900 (2023) n’est pas un produit de compromis ; c’est un produit de rédemption destiné à un public cible très spécifique.
C’est l’appareil parfait pour l’opérateur qui veut tourner un gros bouton de clarificateur physique (même s’il n’a plus besoin de “chasser” la fréquence) et qui rejette la philosophie des radios modernes à menus.
C’est pour celui qui valorise l’expérience tactile et l’esthétique analogique, mais qui exige à juste titre la performance stable que les opérateurs des années 80 n’ont fait que rêver.
En conservant l’ADN “export” (avec un potentiel de 40W SSB) et l’esprit “bricoleur” (le “fil blanc”), tout en corrigeant de manière décisive son “péché originel”, le nouveau SS-3900 n’est pas un simple hommage.
C’est la radio que l’original aurait toujours dû être.
C’est un classique, enfin rendu parfait.
Annexe – Guide des manuels d’utilisation
Comme documenté dans cet article, le SS-3900 n’est pas un seul appareil, mais une lignée.
Par conséquent, il n’existe pas une unique “notice d’utilisation”, mais plusieurs, correspondant à des époques et des conceptions différentes.
Voici un guide pour identifier les principales versions et accéder à leurs manuels.
Manuels “classiques” (SS-3900, SS-3900N)
Les manuels des appareils classiques, comme le SS-3900 (AM/FM/SSB/CW) et le SS-3900 N, se concentrent sur les opérations de base.
Ils couvrent les 40 canaux, les accessoires (microphone, berceau), l’alimentation, et la procédure essentielle de vérification du Taux d’Ondes Stationnaires (TOS/SWR).
Manuel “EFT” (Écho)
Le manuel du CRT SS-3900 EFT est distinct.
Il identifie l’appareil comme un “Transceiver Radioamateur” et précise que son utilisation nécessite une licence.
Ses spécifications sont différentes (ex: 28.245–29.655 MHz) et il inclut des commandes spécifiques pour la fonction “Écho”.
Manuel “Moderne” (Multinorme 2023+)
La notice la plus récente, éditée par Pihernz Comunicaciones, S.A., est un document multilingue (incluant le français).
Ce manuel est crucial car il couvre toutes les fonctionnalités modernes gérées par le “menu des fonctions”.
Il détaille les réglages qui n’existaient pas sur les anciens modèles, notamment : la sensibilité VOX, les niveaux de réduction de bruit (NRC) en émission (TX) et réception (RX), et la sélection du type de microphone (Électronique “EL” ou Dynamique “DY”).
Lien (Modèle 2023 Multinorme).
Quelques sources principales utilisées pour cet article:
kcb.co.uk – thetruckersreport.com – 78roger.free.fr – ranger.com.my – q82.uk
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